L’héritage du parent toxique

Accusations, culpabilisations, surprotection ou manque de confiance en vous, violences physiques ou verbales, hyper exigence, tous ces agissements ont des impacts directs sur vos propres comportements. Parce que la parole des parents est considérée comme divine par l’enfant, que l’amour filial est primordial et qu’il est plus confortable de leur trouver des excuses, il n’en reste pas moins qu’ils portent la responsabilité de leurs actes et de leurs paroles. Il nous est plus facile de ne pas faire le lien ou de craindre les répercussions d’une hypothétique révolte. Peu importe l’intensité de ces procédés, notre personnalité s’en trouve impactée. Peuvent s’installer de la timidité, de la peur du jugement, un besoin d’être approuvé, un sentiment de responsabilité vis à vis du bien-être des autres, un manque de personnalité, des difficultés à exprimer ses sentiments ou un besoin de plaire à tout le monde…

Cet héritage est une forme de manipulation insidieuse qui se traduit dans notre vie par des colères incompréhensibles, des ruptures, des baisses de l’estime de soi, des sensations d’être mal-être, des incapacités, des erreurs de jugements et des fausses croyances… Et vous continuez à avoir cette impression que vous n’en faites jamais assez pour répondre à leurs exigences et à nier le lien entre les agissements de vos parents et votre propre état.

Pour échapper à l’emprise du(des) parent(s) toxique(s) et considérer que vous n’êtes définitivement pas responsable, et même si un fort sentiment de culpabilité vous assaille, vous devez réagir et prendre conscience des mécanismes qui sont mis en place et des liens que votre inconscient à fait malgré vous. Cette première étape de prise de conscience est indispensable pour retrouver la maîtrise de votre vie.

Vous devez ensuite apprendre à vous affirmer, apprendre à dire « non », apprendre à fixer des limites et refuser les accusations, les comparaisons entre frères et sœurs, rejeter les généralisations et les distorsions et pointer la réalité, éviter d’écouter les culpabilisations, refuser la dépendance.

Il faut également réaliser que les parents sont des personnes ordinaires, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs propres histoires. Ils sont peut-être les premières victimes de leurs travers. Et ce n’est pas chercher à les excuser que de réaliser cela, mais de savoir comment ils en sont arrivés là, pour casser ce cycle, arrêter de vous sentir coupable, et reprendre véritablement le cours de votre vie.

Honte ou culpabilité ?

Le fil qui sépare ces deux notions est assez fin. Et pour faire face à ces deux sentiments, il est nécessaire d’avoir une bonne compréhension de ces deux émotions naturelles.

D’abord, la culpabilité. Elle fait référence à la faute commise, elle a un objet déterminé. Nous sommes fautifs d’avoir fait quelque chose de mal.

Pour Vincent de Gaulejac, la honte est « l’intériorisation du jugement d’autrui sur soi-même »

La honte c’est le sentiment contraire à la fierté, à l’honneur et la dignité. Elle est vécue en soi-même. Elle engendre de la peur de nuire à notre image, de la colère, de la tristesse, de l’impuissance, du désespoir…

Lorsque nous avons honte, la culpabilité est systématiquement présente. En revanche on peut se sentir coupable sans éprouver de honte.

Lorsque nous ressentons de la honte, nous avons souvent l’envie de nous cacher dans un trou de souris. Un voile de déni plane au dessus d’une personne qui éprouve de la honte, comme quelque chose que l’on cache.

Quelques petites astuces pour se départir de ce sentiment de honte :

  • Réaliser que ce n’est qu’un état temporaire

  • vous pouvez commencer par lister vos fiertés.

  • Apprendre à vous complimenter de façon régulière

  • Essayer de déterminer précisément l’objet de votre honte

  • En parler avec une personne ressource

  • Essayer de trouver ce que votre honte à vous apprendre de vous

  • Analyser la situation en évitant des positionnements manichéens

  • Observez si une croyance ne se cache pas là dessous.

Pour se libérer de la honte, il faut apprendre à s’aimer, s’accepter soi-même, avec ses qualités et ses défauts. Accepter de se regarder en face, d’être comme les autres (qui éprouvent aussi de la honte), observer ce que l’on est et affronter le regard de l’Autre. Il ne faut pas cacher sa responsabilité et ne plus se percevoir comme une victime.

Grâce à l’hypnose, il est possible se libérer du passé, d’avoir une autre perception des événements du passé ou du présent. Et de reconstruire une autre vision de votre histoire.

LES CROYANCES : UN SYSTÈME

Les croyances sont des pensées que nous considérons comme des vérités. « Je suis nul en math », « tous les hommes sont infidèles », « les femmes ne savent pas faire des créneaux »… Et ces pensées nous sécurisent, nous permettent de rester dans notre zone de confort. Nous passons notre vie à aller chercher des preuves de leurs existences, à les vérifier dans notre quotidien. 80 % de nos croyances nous ont été transmises par notre entourage, par les groupes auxquels nous appartenons. 80 % de nos croyances ne nous appartiennent pas ! Et nous passons notre temps à les valider. A force de vérification, je me les approprie et j’attire vers moi des situations qui vont les renforcer. Nous finissons par les ancrer profondément en nous même de sorte qu’il est de plus en plus difficile de s’en départir, de les remettre en question, voir même, de savoir que ce ne sont que des histoires que nous nous racontons. Cela devient un rituel, comme quelque chose que l’on se raconte à soi—même. Toute notre vie est régit par nos systèmes de croyance. Et c’est une bonne chose, lorsqu’elles sont ressources. Une croyance ressource, par exemple, c’est penser que vous pouvez accomplir de grande chose grâce à ce porte-bonheur que vous avez dans la poche en permanence. Et ça marche ! Parce que vous l’avez vérifié plusieurs fois !

Nous avons le pouvoir d’agir sur nos croyances limitantes. Lorsque vous étiez enfant, vous étiez persuadés que le père Noël existait. Et puis vous avez cherché des preuves de son existence. Et vous les avez trouvés. C’était confortable de le penser. Jusqu’au jour où le doute s’est installé, et vous avez découvert le pot-aux-roses : vos parents ont menti, le père Noël n’existe pas. Dès lors, vous avez compris que ce n’était pas une vérité. Alors vous vous êtes débarrassés de cette croyance. Vous avez identifié votre croyance et ensuite vous avez cherché à en avoir un compréhension pour vous-même. Cela vous a permis de vous rendre compte que le doute vous avait permis d’avoir une autre vision de la situation. Malgré tout, au fil du temps, vous avez perdu ce mécanisme. Peut-être pour rester dans votre zone de confort, ou à cause de la peur de l’inconnu.

La première étape lorsque vous êtes face à une croyance limitante, pour la reconsidérer, c’est de l’identifier. La seconde est de trouver le besoin qu’elle nourrit « A quoi ça me sert de croire ça ? », « Qu’est-ce que cette croyance a à me dire ? ». Et enfin, la troisième étape, c’est de savoir comment je peux nourrir ce besoin avec une autre stratégie qui me permettra de rester, si possible, dans ma zone de confort.

Avec ce travail, vous avez le pouvoir d’interagir sur vos croyances.

Savoir dire « non »

Au cabinet, je croise régulièrement des personnes qui ont perdu le réflexe de dire « non », en famille, au travail ou en société.

C’est pourtant un apprentissage qui nous vient de notre plus tendre enfance. Apprendre à dire « non » à ses parents, c’est une des premières étapes de l’affirmation de soi. Et les parents en profitent pour réapprendre, à leurs tours, à dire « non » régulièrement à leurs enfants. « non, tu ne mets pas tes doigts dans la prise de courant »

Au fil du temps, par peurs, par croyances et/ou pour faire plaisir, nous n’osons plus dire « non ». Des phrases comme « je ne veux pas entrer dans un conflit » ou « je ne veux pas passer pour un égoïste », « je ne veux pas blesser »,« et puis si je dis non, il va falloir que j’explique pourquoi je refuse », sont assez fréquentes. Alors, il est plus simple de ne pas perdre de temps à discuter et dire « oui » immédiatement…

Résultat, vous vous retrouvez dans des situations non désirées, et les autres pensent que vous le faîtes avec plaisir ! Vous vous retrouver à répondre à toutes les demandes de votre entourage, comme un automate, et ne prenez plus le temps de vous occuper de vous-même. A force, on ne sait plus très bien comment dire « non », on n’ose plus. Lorsqu’on répond toujours favorablement aux besoins et aux demandes de tout le monde, on se néglige et on s’oublie, on risque l’épuisement. Lorsqu’on veut plaire à tout le monde, tout le temps, on perd un temps précieux et on ne prend pas le temps d’avoir confiance en soi. Ne pas exprimer nos propres besoins, nos envies et nos désirs, nous fait perdre un peu de notre identité.

Pourtant, dire « non » est un des levier pour faire grandir notre estime de soi. C’est une des clefs de l’affirmation de soi. Et c’est très important par exemple lorsque nous avons à faire à des personnes toxiques. Ces personnes qui vous marchent sur les pieds, qui abusent de vous, qui vous manipulent et qui en partant vous laisse, entre autre, un arrière-goût de culpabilité. N’oubliez jamais que savoir dire « non » aux autres, c’est se laisser de la place pour se dire « oui » à soi.

Dire « non », c’est un apprentissage comme n’importe quel sport… d’abord douloureux car cela ira à l’encontre de vos croyances et de vos peurs. Et peut-être que les premières fois vous ne serez pas entendu et vous ferez machine arrière. Apprenez à vous connaître, savoir ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas. A quoi vous avez envie de dire « oui ». Ce qui est le plus important dans votre vie. Quels sont vos objectifs personnels et vous considérer comme une priorité et ce n’est pas égoïste que de le penser. N’oubliez jamais que nous n’avons qu’une seule vie à vivre ! Il faudra ensuite partager cela avec votre entourage et assumer que ça ne puisse pas plaire dans un premier temps, en vous laissant l’opportunité de changer d’avis. Sans avoir besoin de vous justifier !

Dans un premier temps, vous pouvez utiliser des expressions qui vous sont confortables « suis vraiment désolé mais c’est non, je ne peux pas » ou bien encore donner une réponse floue. Et puis au fur et à mesure vous allez apprendre à être plus affirmatif dans votre refus et je le répète sans pour autant vous justifier. D’abord parce que vous aurez l’impression de devoir vous excuser de ce dont vous avez réellement envie et puis vous risquez de vous perdre dans des explications et vous mettre dans l’embarras. C’est une habitude à prendre. Prenez votre temps pour répondre et si besoin, demandez à réfléchir. Il s’agit aussi que votre entourage apprenne à respecter vos choix et par conséquent vous respecter.

Bien sûr, il ne s’agit pas de tomber dans l’excès contraire et dire non tout le temps et à tout le monde. Le but à atteindre est de trouver un équilibre pour être heureux sans laisser les autres profiter de vous.

Alors osez dire « non » !

Le deuil

Le mot « deuil » vient du latin « douleur ». Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Dire à une personne qu’il est temps qu’elle « fasse son deuil », est une façon très mal maladroite d’essayer de convaincre cette même personne d’arrêter d’avoir mal comme par magie ! Comme si on lui demandait un renoncement, un effacement instananée de sa douleur d’un coup de baguette. Difficile !

Le deuil, « c’est la perte d’une personne, d’un objet, d’une valeur ou d’un changement dans l’état de santé auxquels la personne est fortement attachée, provoque des réactions physiques, psychologiques , affectives, comportementales et sociales. » (EFC-MHD)

Elle englobe un bon nombre de situations mais respecte souvent les mêmes étapes :

Ces phases ont une durée variable qui peuvent aller de quelques heures à plusieurs années. L’ordre de ces différentes étapes peut également varier. On ne peut pas accélérer ni même sauter une étape.

Lorsqu’il s’agit d’un décès, il nous est plus facile de l’identifier et de comprendre que nous sommes bel et bien dans cette dynamique fluctuante. C’est plus délicat lorsque nous sommes confrontés à une séparation, une rupture affective. Et pourtant le schéma est similaire et il s’agit bien d’une phase de deuil. Notre inconscient lui ne s’y trompe jamais, il met en place immédiatement un mécanisme de défense pour se protéger de l’inacceptable comme le déni, l’isolement, ou l’agressivité, par exemple. Quelque soit le symptôme ou l’absence de symptôme, cela peut-être le lien qui nous permet de continuer à donner vie, inconsciemment, à l’objet du deuil. Un lien comme un attachement imaginaire qui perdure dans le temps. Même si l’absence fait souffrir, même si le vide s’installe et même si c’est inacceptable, cela reste une manière de continuer à faire vivre l’objet disparu.

Il n’existe aucun remède miracle, ni recette magique pour traverser cette période douloureuse et tout le monde n’aura pas les mêmes besoins. Chacun évoluera à son rythme dans cette courbe. L’important est d’arriver au bout de ce long processus intérieur sans encombre, si possible en ayant la possibilité de s’exprimer, auprès d’un proche ou d’un professionnel. Alors surtout, n’hésitez jamais à demander de l’aide.

Novembre : Passage à tabac pour la cigarette

Elle est fidèle, tenace, exigeante. Elle a pris une place prépondérante dans votre vie. Celle qui console, apaise, récompense. Elle appelle pour que vous ne l’oubliez pas. Elle est toujours présente quand vous en avez besoin. En son absence, elle vous manque terriblement. En cela, elle ne vous a jamais déçue.

Derrière cette belle amitié se cache le visage de la fourberie, de la tromperie et du mensonge et le pire c’est que vous le savez. Elle vous nuit insidieusement, parce qu’elle vous connaît, connaît vos faiblesses (mieux que vous), vos doutes et vos désespoirs. Elle s’insinue jusqu’à la plus infime partie de votre organisme, dans chacune de vos cellules. Et vous le savez. Et vous continuez, malgré vous, à l’accepter dans votre vie. Véritable épée de Damoclès, elle s’est attachée à vous et vous à elle, créant un lien impalpable plus solide que l’acier, qui lentement vous détruit de l’intérieur.

Vous l’avez compris je parle de la relation que vous entretenez avec la cigarette. Il y a très longtemps, lorsque vous avez fait sa connaissance, votre corps a essayé de vous prévenir. Depuis, inconsciemment, vous avez appris à fait taire les cris de votre corps pour qu’elle fasse partie intégrante de votre vie. Et toutes les campagnes de prévention n’y ont rien fait. Ce n’est pas parce que vous êtes faible mais parce qu’elle est sournoise, perfide et malhonnête. C’est en cela qu’elle est toxique et vous n’avez rien à vous reprocher. Elle est l’addiction personnifiée !

Son pouvoir d’attraction est tellement grand, qu’il vous oblige, vous contraint à la garder près de vous, en toutes circonstances. Elle répond directement à un besoin de votre inconscient, qui la considère comme une alliée. Il en a fait un automatisme pour répondre à un dysfonctionnement.

L’hypnose peut vous aider à couper ce lien définitivement. L’hypnose permet de faire tomber les masques en reprogrammant certains mécanismes de votre inconscient. Profitez de ce mois de novembre sans tabac pour vous débarrasser définitivement de cette amitié hypocrite et déloyale.

Coupable ou non coupable ?

La culpabilité, au même titre que la joie et la colère, est un sentiment profond partagé par tous. Il s’agit donc d’un sentiment tout à fait naturel, signe d’une bonne santé psychologique. Elle fait référence à des principes moraux que nous avons acquis dès notre plus tendre enfance. La petite voix de notre enfant intérieur qui se conforme à celle de l’adulte. Elle fait partie de notre construction.

C’est une expérience assez désagréable qui provoque des tensions, une honte ou une anxiété. Mais c’est avant tout un signal d’alarme, comme la température qui nous indique une infection. Elle nous permet de nous rendre compte que nous avons mal agi, ou transgressé nos propres valeurs. Elle attire notre attention sur un malaise intérieur, qui nous enseigne qu’il ne faut pas reproduire une telle situation. Dans ces circonstances, la culpabilité n’est donc pas un ennemi à combattre.

Pourtant, au quotidien, la culpabilité peut devenir un véritable handicap qui nous empêche d’avancer comme pour le souhaiterions. Créant des angoisses inutiles, des manières de se comporter qui conduisent parfois à l’échec, à des symptômes psychosomatiques ou à ce besoin de s’oublier pour penser d’abord aux autres.

Cette culpabilité s’installe parfois à mauvais escient. L’inconscient, qui travaille toujours dans la bienveillance, se perd devant des situations qui lui sont mal expliquées. Je prends l’exemple d’une personne victime d’une agression ou d’un traumatisme et qui, souvent, ressent, fortement, cette sensation de culpabilité. On entend alors notre critique intérieur réagir : « pourquoi n’ai-je pas réagi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour que ça m’arrive ? Je suis sûrement forcément fautif !… ».

Dans ces situations, nous devenons notre propre bourreau. L’acte malveillant que nous avons subi, s’efface, ou se place en second plan, devant notre culpabilité. Elle nous paralyse à nouveau.

C’est à ce moment qu’il est important de réécouter nos voix intérieures, de les confronter pour comprendre que, dans ces circonstances, il est bien utile de faire taire sa culpabilité pour s’accorder son propre pardon.

Silence ! Ca tourne…

Certains le redoute, d’autres le préfère, le silence est un droit. Il se partage, se questionne, il parle à celui qui sait l’écouter, il fait peur, il met mal à l’aise, il se savoure… il apaise.

Le silence n’est pas le synonyme du vide. C’est, d’ailleurs, très souvent le contraire. 10 000 pensées traversent l’esprit pendant un silence. Une communication non verbale peut s’installer, permettre un échange plus grand qu’en partageant quelques mots. On s’intéresse à plus de choses. On questionne des attitudes, des sensations, des compréhensions. L’observation, l’analyse y prennent toutes leurs places.

Nous avons tous appris à mettre des mots sur chaque chose, comme un réflexe. On s’oblige à remplir ce que l’on considère comme du néant par qu’il nous fait peur, « il cache forcément quelque chose ». Oui, le silence peut être dangereux, s’il est prolongé. Mais il peut aussi ne rien cacher d’essentiel. Notre imagination se met alors en ébullition. Et toutes formes de pensées interviennent, toutes formes de spéculations. Et l’angoisse s’installe. Cette peur sans objet. Cette peur de ne pas comprendre ce qui se cache là dessous.

Et pourtant nous avons tous besoin de ce calme, de cet isolement et de silence. Pour nous ressourcer, nous mettre en retrait du bruit, et de la colère, nous permettre de prendre du recul, d’apaiser les tensions. Parfois, il s’agit simplement de chercher les énergies positives à l’intérieur comme à l’extérieur en l’associant à la solitude. C’est une arme très efficace pour se recentrer, se comprendre et comprendre l’autre.

Alors prenons le temps de nous accorder un peu de silence, de l’autoriser autour de soi. Car, il est indispensable pour l’équilibre de chacun.

Les non-dits des secrets de famille

Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Dans certaines familles, cette maxime s’applique et se perpétue. Parfois pour cacher l’insurmontable, des expériences douloureuses, humiliantes et/ou traumatisantes, parfois pour protéger ceux qu’on aime, parfois par peur du « qu’en dira-t-on ». La honte est inscrite, ancrée profondément et malgré tous les efforts pour dissimuler la vérité, elle surgit, elle s’insinue, elle s’infiltre et se transmet de générations en générations.

Ces secrets, qu’ils soient anodins ou considérables, provoquent des dégâts parfois irréversibles sur le bien-être et la construction de l’enfant. Les conséquences sont parfois fâcheuses. Ce qui est passé sous silence a des répercussions sur leurs vies. Les enfants absorbent, digèrent et analysent avec leurs propres compréhensions, sensations, émotions. Combien de parents se cachent derrière la volonté de protéger un enfant d’un secret de famille, parce qu’ils sont convaincus que leurs enfants ne sont pas en âge de le comprendre et « la vie continue ». Les parents n’imaginent pas combien, ces enfants s’approprient, à leurs manières, ce qui n’est pas dit. A leur insu, ils imaginent, construisent leurs propres réalités autour ce qu’ils comprennent de ce silence, préfèrent combler une lacune plutôt que de laisser de la place au vide. Ils finissent par s’empoisonner, créer des peurs et souffrir dans l’unique but de se protéger eux-même de ce non-dit.

Et pourtant l’inconscient est là… il observe, ressent, analyse et toutes ces suppositions, toutes ces interprétations construites sur le mensonge, occasionnent des dysfonctionnements et des désordres, parfois même des somatisations.

Il est nécessaire de parler, de raconter, d’expliquer à vos enfants, en les dégageant de toutes responsabilités, tout ce qui relève du secret de famille pour que le scénario ne se répète pas, pour qu’un enfant ne se sente pas trahi d’avoir été dupé, pour qu’il puisse se construire sur des bases saines. Pour cela, il ne faut pas tarder et choisir le bon moment, les bons mots, les bonnes images et ainsi lui permettre d’envisager son avenir avec sérénité.

Ces maux qui nous définissent…

Dans le langage courant, nous prenons souvent l’habitude de créer des raccourcis. Dans certains cas, sans s’en rendre compte, cela peut avoir des conséquences graves pour notre santé ou nos comportements. Ces expressions simplifiées finissent par nous définir et nous stigmatiser pour longtemps. Comme si nous étions associés à ces expressions, comme si elles étaient une partie de nous-même. Nous utilisons parfois des formules comme « je suis dépressif » ou « je suis insomniaque » ou bien encore « je suis angoissé »… et ces dysfonctionnements, comme dans ces quelques exemples donnés finissent par gouverner toute notre vie. J’entends trop souvent ces formulations pour m’en inquiéter et constater qu’au fil du temps, nous nous définissons avec ces troubles. Ils sont devenues tout ou partie de notre identité. Comme s’ils étaient incarnés, considérés comme des êtres doubles à l’intérieur de nous-même. Même si nous souffrons de ces dysfonctionnements ou de ces pathologies, il est dangereux, à moins de le souhaiter inconsciemment, de nous approprier ces entités. Il est suffisamment difficile de s’en débarrasser, inutile de s’infliger une double peine ! Nous souffrons de la dépression, nous avons des troubles du sommeil, nous avons des périodes d’angoisse. Et cette façon d’exprimer nos troubles nous permettent de nous en dissocier, nous en détacher. Il s’agit là de les reconsidérer comme extérieurs à nous-même, venant perturber le bon fonctionnement de ce que nous sommes. Et notre inconscient ne s’y trompera pas. Lui qui a l’habitude de parler le plus simplement de monde, de considérer le mot comme la chose et d’envisager l’image comme réelle, il finira par ne plus se définir par l’intermédiaire de ces troubles. Il pourra les considérer comme ce qui sont vraiment : des parasites venant polluer notre bon fonctionnement.

Alors soyons vigilants et prenons soin de nous en utilisant les bonnes formulations.s